Bon-jour

Femme Dravidienne en Inde

Ta beauté dans ces layons du temps

Cette vivance bourgeonnée sous l’onyx de ta prunelle

Le monde est un matin chaud dans ton sourire

délibéré

Cette cause d’amour entonnée

comme le bruissement d’un miracle

naissant

La vie inaltérable

Tout l’univers est lové dans notre regard.

MARCEL CAMILL’ – Extrait – LA CLAIRIÈRE DES NON DITS. TOUS DROITS RÉSERVÉS

LES TAMBOURS DE BÔKA – livre 1

   « La vallée d’Impela était plongée dans une étrange nuit. Une de ces nuits de charbon telle qu’il s’en produisait des plus rares dans la contrée. La lune s’était recluse de l’autre côté du ciel ; les étoiles avaient baissé leurs paupières ; les hululements des rapaces et le caquet des engoulevents semblaient s’être évanouis eux aussi. Jusqu’aux hyènes qui étouffaient leurs ricanements en se tapissant dans les buissons les plus éloignés. Au milieu de cette atmosphère âpre et si inhabituelle, ne retentissaient que les soufflets de la forge que faisait tambouriner, depuis la veille, Batela avec ses grands bras. Assisté du jeune orphelin que lui avait confié l’intendant du seigneur Kambi.

  A tour de rôle les deux bonhommes s’étaient démenés pour attiser l’appétit du cyclope. La tuyère tourmentée par une géhenne incandescente avait émis toute la soirée, de sinistres grognements de fauve acharné à ronger le minerai. Le dompter.

  Batela marmonnait dans sa gorge comme un dément. C’était une mélopée saccadée, tiraillée par l’ivresse de la transe. Les dieux avaient horreur de l’ennui. Alors il fallait de la musique, du rythme, de l’écume fumante provenant d’une âme consacrée. Autant d’ingrédients pour mieux les apprivoiser.

  La voix du forgeron semblait perdre son chemin loin dans les confins du manteau nocturne. Le garçon à côté, mû certainement par cette curiosité impertinente qui caractérisait la plupart des novices de son âge, lorgnait de temps en temps le visage de l’adulte. Espérant peut-être y percer quelques mystères de plus à assimiler.

 Le visage du forgeron garda ses secrets. Un visage poudré de noir, inondé de sueur, pétri d’un millier d’expressions fugaces interrogeant sur ce que ses yeux enflammés pouvaient bien percevoir de l’autre monde, à cet instant là.

  Aux heures les plus filandreuses de la nuit le géant d’argile recracha parmi les cendres du brasier, le Cœur du Dieu-Serpent. Une loupe* compacte, hirsute et rougeoyante… »

MC’ – LES TAMBOURS DE BÔKA / extrait LIVRE I – Tous droits réservés ©

L’IMPROBABLE PRÉSENT …

Aux aurores secrètes et envoûtantes

j’étais allé puiser de l’eau à la source

Sur le chemin le temps passa

tout près de moi en me bousculant

Je l’ai appelé

alors qu’il s’éloignait en dessinant son chemin

hâtif et sinueux

Mais jamais il ne s’est retourné

J’ai suivi ses pas

car il n’avait rien vu du cahot dans son sillage

mais moi le temps je l’avais vu

reluqué

en long et en travers

L’essentiel était tombé de sa poche

juste à mes pieds

Je l’ai ramassé

l’essentiel

disséminé comme une pluie

lactée d’étoiles et de providences

Le bougre je ne le savais guère

si étourdi

le temps

étourdi à courir

courir et offrir un présent

et sans le voir et sans compter

Alors demain je retournerai à la source

Peut être à nouveau le recroiserai-je

cet étrange ami

lointain et désopilant

Le temps.

MC’ – Extrait – LA CLAIRIÈRE DES NON DITS – Tous droits réservés.

ET SI … ET SI…

Et si ... et si

 

Et puis il y eut cet instant

 

Le  train de suspension

le « bon moment » …

 

 

Je me suis parfois demandé s’il existait réellement …

 

Ce bon moment pour chaque chose

 

Et si contre toute attente il n’y avait qu’une manière …

Une simple manière de faire … quelque chose

à la rencontre de ce moment qui s’offre.

 

 

 

MARCEL CAMILL’ – Extrait – LA CLAIRIÈRE DES NON DITS – Tous droits réservés.

L’OMBRE EMPORTÉE…

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La rivière s’écoule

L’eau pardonne comme à son habitude
alors elle emporte tout

Elle me regarde

J’y vois les reflets de mon essence
fébrile aux caresses de la brise sur l’onde

Ma lumière est muette
dans le bruit de l’eau

L’eau de la rivière qui s’écoule

Celle qui pardonne

La rivière qui emporte tout
sous le soleil à la lisière de l’été

Je suis là
avec mon amour au creux des mains

L’eau a la couleur du ciel
là bas derrière les nuages
l’univers reflue des teintes de jade

Je n’ai plus peur

ma silhouette est restée dans l’eau
la rivière l’a emportée
en fredonnant un air écumeux

Et moi je suis resté
tel un amour de silex semi enfoui
parmi les cailloux de la berge
là où le bois sent les dernières pluies
et la sève

La rivière s’écoule

Elle emporte tous les bruits dans ma tête

Mais ce n’est pas tout
puisque je suis encore là
une petite chanson

musquée

à l’ombre d’une belle journée.

Extrait  de  LA CLAIRIÈRE DES NON DITS

FICELLE TORDUE…

Le Centre historique d’une ville…

C’est à croire que le reste

de cette ville n’a rien

d’historique

Guerres

Exodes

Vents de peste…

Et croisades

Boléro macabre

d’entreprises

spirituellement financières

et spéculatives

Maquillées à travers les siècles

sous

l’édulcoré

délire

Névrotique

de quelques illuminés

à la tête de troupeaux

Vides d’esprit

Ras d’avenir

L’histoire est une corde

dont le bout se désaltère

des profondes ténèbres

d’un puits

que personne n’a creusé

Il n’y a aucune guerre sainte

A chaque pôle

Il n’y a que de saintes horreurs

que la fragilité de l’homme

a élevées aux rangs

de vertu et de trône

Pour célébrer l’illusion d’une place

au Soleil Rouge

Le temps d’un battement

de paupières

Chapelet d’errances

pour les hommes … Ces chers moutons !

 

 

 

Marcel Camill’ – extrait de « HIC !!! » – TOUS DROITS RÉSERVÉS

AU TEMPLE DES LUCIOLES…

Au commencement

L’étreinte

Des eaux

 

Puis les soubresauts

De la terre

Des paroles

Qui s’exondent

Du néant

 

Mais tout

Au creux de chaque nuit

Victorieuse

Est si éphémère

Comme une étincelle

De passion

 

L’exaltant

Est cette absence

De temps à compter

Les erreurs

 

L’univers crache

Sa splendeur

Avant de s’éteindre

Dans le vent

 

Une chanson

Épuisée

Dans un trou noir

De silence.

 

 

MARCEL CAMILL’ – Graines du temps et … TOUS DROITS RÉSERVÉS